11/02/2017

INAUGURATION DE LA LIGNE DE CHEMIN DE FER ACOZ-METTET

INAUGURATION DE LA LIGNE DE CHEMIN DE FER ACOZ-METTET

ACOZ CENTRE vers 1860.jpg

 

« Gazette de Charleroi » - Mardi 26 avril 1887

(recueilli par Alain GUILLAUME)

  • Le chemin de fer d’Acoz à Mettet, inauguré dimanche, se rattache, indépendamment des intérêts locaux – carrières, usines, industries agricoles – à l’entreprise des Chemins de Fer d’Athus à Charleroi, terminée jusqu’à Gedinne depuis Athus d’une part et de Charleroi à Mettet d’autre part, laissant à achever le tronçon qui sépare Mettet à Gedinne. Ce dernier comprend la traversée de la Meuse à Anseremme, en remontant la Molignée jusqu’à Yvoir pour y suivre la ligne de Dinant, passer la Meuse à Anseremme et descendre la Lesse entre le domaine royal et le château de Beauraing.
  • La voie Ferrée inaugurée aujourd’hui d’Acoz à Mettet établit une communication plus directe de ce dernier point vers Charleroi.
  • Tout ce réseau, dont le projet, l’adjudication à des concessionnaires et la mise en œuvre datent de loin, à travers mille vicissitudes qui ont, enfin, remis cette entreprise entre les mains de l’Etat, a pour but de favoriser l’industrie métallurgique des bassins de Charleroi et du Centre dans leurs rapports avec le Grand-Duché, siège de production de leurs minerais, et d’ouvrir aux charbons de ces bassins le débouché de l’industrie luxembourgeoise
  • Un comité formé de conseillers provinciaux des arrondissements de Charleroi et Namur, sous la présidence de Monsieur le Sénateur Paul de Bruges de Gerpinnes – Bourgmestre de Sart-Eustache – et la vice-présidence de Monsieur Henri Pirmez, a organisé à Mettet, des fêtes à l’occasion de l’inauguration de la ligne.
  • Vanderpeerboom, Ministre des Chemins de Fer, et le Chevalier de Moreau, Ministre des Travaux Publics, sont invités à cette cérémonie et ces fêtes.
  • Un tain d’honneur les attendait au départ d’Acoz à 13 heures. Ils sont partis de Bruxelles par train spécial de 10 heures 20 du matin, par Luttre, Charleroi et Châtelineau. Cette première partie du voyage s’est accomplie rapidement et sans incident.
  • Le train spécial de service était composé de 2 berlines, de 5 voitures de 1ère classe et de 2 fourgons. Les 2 ministres y ont pris place avec leurs chefs de cabinet, les hauts fonctionnaires, les ingénieurs et le Duc d’Ursel, Gouverneur du Hainaut, et la presse bruxelloise.
  • A Châtelineau, la locomotive est ornée de drapeaux et de fleurs. Nous suivons la ligne du Grand Central et sur le parcours, beaucoup de maisons sont pavoisées.
  • Nous arrivons à Acoz où nous trouvons une grande affluence. Les populations sont accourues des environs pour assister à la cérémonie inaugurale. La Brabançonne, jouée par les Fanfares d’Acoz, salue l’arrivée du train. Le bourgmestre, Monsieur de Dorlodot, présente aux ministres les autorités, le curé et le directeur des Forges d’Acoz, Monsieur Vincent, des jeunes filles en blanc offrent des bouquets. On tire des salves de mousqueterie avec de petits tromblons d’un aspect bizarre. Une petite pluie commence à tomber. Une nouvelle Brabançonne annonce le départ.
  • En route pour Mettet. Le trajet d’Acoz à Mettet est d’environ 15 kilomètres. On aperçoit le vieux château d’Acoz du XVIIe siècle, acquis par la famille Pirmez. C’est là que vécut Octave Pirmez, l’auteur des « Feuillées » et des « Heures de Solitude » et qui a sa sépulture à Villers-Poterie, dans le chœur de la vieille église gothique.
  • Arrêt à Gougnies. Le temps s’est remis au beau. Gougnies est sur la limite des provinces de Hainaut et de Namur. Cette commune possède un ermitage de sainte Rolende qui date de 1640. La sainte a laissé une institution locale assez pittoresque, la Marche Sainte-Rolende. Le bourgmestre, Henri Pirmez, reçoit les ministres, la Fanfare de Saint-François-Xavier fait sonner son répertoire. Des salves éclatent, deux discours par le bourgmestre et par un ouvrier carrier. Dans sa réponse, le Ministre Moreau fait l’éloge de l’industrie marbrière. Et voici la Marche Sainte-Rolende, défilé d’une Compagnie militaire formée des habitants de la localité, équipée comme au temps de l’Empire, garde d’honneur. A la tête, 12 sapeurs et autant de tambours. La sainte, sans doute, en eût été toute ébaudie. Mais cet épisode original rompt la monotonie du cérémonial officiel.
  • Vivent les petites communes qui ont gardé dans leurs mœurs quelques curiosités originales.

22:49 Écrit par Alain GUILLAUME dans 05. Acoz Histoire & Patrimoine | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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