19/04/2017

L'HISTOIRE DE LA DISTRIBUTION DE L'EAU POTABLE A ACOZ

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Avez-vous déjà prêté attention au petit bâtiment sis à la rue de Moncheret, jouxtant la propriété de l’opticienne « Optimode » ?

J’ai trouvé opportun de retracer sa petite histoire qui débuta dans la première moitié du 20e siècle.

 A quoi donc servait-il ? Que renfermait-il ? Des questions que tout un chacun pourrait se poser.

 Je me souviens, dans les années 50, lorsque, gamins du village, nous passions devant, revenant de la cueillette du muguet dans le bois de Châtelet, nous pouvions percevoir un bruit sourd, discret, répétitif et régulier comme une horloge.

Je sais où trouver les bons renseignements ! Et me voilà parti à Lausprelle, rue de Villers, à la rencontre d’Achille BERTRAND. Je sonne et c’est bien lui qui vient ouvrir. Oui, c’est bien lui, le fontainier-indexier-encaisseur. Et il me reconnaît : « Ah, Guillaume de l’imprimerie ! ».

  • « Oh, Achille, quel plaisir de te revoir, ça fait longtemps ! ». Et je lui explique la raison de ma visite : « nous narrer l’histoire de la distribution d’eau à Acoz ».

Je touche la corde sensible, et le voilà parti dans un exposé très intéressant évoquant aussi le temps de sa jeunesse : « Le raccordement à la distribution d’eau date de 1938. C’est sous l’ère du bourgmestre De Dorlodot que les premiers travaux sont entrepris, par la pose souterraine de buses en éternit. Viennent ensuite les raccordements aux habitations. Mon père, Camille, préparait les accessoires dans son atelier sis juste à côté de ma maison actuelle. Cela a pris un temps assez long pour raccorder les 300 maisons d’Acoz et Lausprelle. ».

  •  « Et l’eau, on la puisait où ? » 

« Il y a eu d’abord la nappe phréatique située le long de la ligne de chemin de fer, entre l’actuelle rue de Moncheret et la rue de la Figoterie, plus précisément à l’endroit où passe le récent RAVeL. A quelques mètres de ce lieu précieux, on a construit la station de pompage. Une pompe électrique à pistons lançait l’eau vers un réservoir situé sur les hauteurs du village, plus précisément au « Dessus-du-Bois », juste derrière la « villa au toit de chaume ». Cette réserve d’eau, enfouie dans le sol, se trouvait dans un grand réservoir en béton. En cherchant bien, il doit être encore visible. C’est donc grâce à ce dernier que l’eau était distribuée aux Acoziens et aux Lausprellois, jusqu’à la place communale ; car Il faut reconnaître que la pression était insuffisante à certains endroits surélevés du village.

Il existait une seconde nappe et sa station de pompage se situait près du pont du petit ruisseau « Le Charnoy » entre Acoz et Lausprelle, non loin de la propriété de la famille ABSIL. Là aussi, l’eau était envoyée dans le réservoir à Acoz. Vers 1954, la nouvelle majorité politique dirigée par Fernand POULEUR décidait de creuser un nouveau puits à Lausprelle, dans les champs situés derrière la station-service VANDEPUT, non loin des cours de tennis et du bois de Loverval. L’eau pompée était envoyée vers un petit château d’eau en béton, à la sortie de Lausprelle, à droite en se dirigeant vers Couillet.

(La situation du château d’eau aux points les plus élevés de la ville ou du village assure une pression suffisante dans tout le réseau et permet de distribuer l’eau par gravité à une pression régulière jusque dans les habitations - principe des vases communicants).

Vers 1971, l’équipe du bourgmestre GRANDJEAN décidait de faire construire un nouveau château d’eau au même endroit, avec les moyens de l’époque : une grande cuve cylindrique rachetée à la BRASSERIE DELBRUYERE à Châtelet (où l’on brassait la fameuse bière « BELGE »). Des soudures étant nécessaires pour garantir l’étanchéité, ce travail fut confié à Michel EVRARD et le montage a été réalisé par les ateliers CHERMANNE (rue de l’Abattoir à Châtelet) que dirigeait Léon PARIS ».

  • « Y avait-il des contrôles quant à la qualité de l’eau ? » 

 

« Bien sûr, tous les 15 jours, je portais un échantillon d’eau prélevée qui était analysée par un laboratoire situé à Lodelinsart, à côtés des abattoirs. »

  • « Bien avant ces raccordements, comment se débrouillaient les habitants d’Acoz ? » 

« Toutes les fermes, grandes consommatrices, étaient pourvues d’un puits. Et à divers endroits du village, des puits avec pompes publiques alimentaient les habitants. Le grand problème se répétait chaque année, quand, lors de gel, on protégeait ces réservoirs à l’aide de paille et parfois on devait tout bonnement fermer les vannes ».

  • « Et toi, Achille, quand as-tu commencé ta carrière ? » 

« J’ai été engagé par l’Administration communale d’Acoz en 1954. En 1977, lors de la fusion des communes, j’ai donc travaillé pour la commune de Gerpinnes jusqu’à l’âge de ma retraite en 1991. »

  • « Achille, en dehors de ta fonction de fontainier-indexier-encaisseur, je me rappelle du tour du village tous les vendredis… » 

« Oui, je conduisais le camion pour le « ramassage des cendres ». J’étais aidé par deux cantonniers, à savoir Arthur BACKAERT et Oscar BERTRAND, dit « Papaille ». Nous allions déverser dans l’ancienne sablière qui se trouvait au « Dessus-du-Bois », via le chemin de terre qui menait aux Fonds d’Acoz. »

  • « Le service des Eaux d’Acoz a cessé en quelle année ? » 

« En 1978-79. La gestion a été reprise par la S.N.E. (Société Nationale des Eaux), ensuite par l’actuelle S.W.D.E. (Société Wallonne des Eaux). »

  • « Achille, merci de nous avoir relaté ce bel épisode de l’histoire acozienne qui a révolutionné les habitudes et apporté un certain confort aux habitants de notre village. » 

J’ai senti, en quittant Achille, que je lui avais fait revivre de merveilleux moments et je suis certain que sa nuit aura été agitée !

 

Pierre DELFOSSE est une autre figure que je me devais de rencontrer, car lui aussi, a géré la distribution d’eau de notre village :

« J’ai été engagé en 1970 en qualité de cantonnier et bien vite, j’aidais Achille dans tous les travaux qui concernaient le service des eaux. Je tiens à préciser qu’avant d’entreprendre les travaux de raccordements, il existait plusieurs points d’eau qui étaient mis à la disposition des villageois. A Acoz-Centre, au pied de l’actuelle rue Saint-Martin, une pompe en fonte, actionnée par un bras, était alimentée par un puits creusé dans le coin de la place de l’église, près de la maison communale de l’époque (actuellement le local de la fanfare). Toujours à Acoz, sur la place du Dessus-du-Bois, existait un même dispositif. Le hameau de Lausprelle disposait de deux points d’eau. Le premier situé près de la chapelle, sur la place communale et un second près de la petite chapelle à la rue de Villers, devant l’ancienne ferme VANDENDOREN. »

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Dans mes recherches, j’ai aussi découvert que :

  • une pompe était installée à la rue des Ecoles (en face de la ferme de Gérard WERTZ - emplacement transformé en parking) ;
  • sur la photo de l’école communale d’Acoz, datant de 1870-1875, on remarque (à l’extrême droite) la présence d’une fontaine. Je ne possède malheureusement aucune précision sur cette dernière ;
  • les premiers raccordements ne disposaient pas de compteur. Le fontainier passait tous les trimestres percevoir un forfait. C’est en 1954 que les premiers compteurs ont été placés ;
  • les puits qui alimentaient les pompes publiques ont été rebouchés vers 1954, sur ordre du bourgmestre Fernand POULEUR ;
  • la pompe à pistons de marque HERMES (altitude 162m) lançait l’eau au réservoir du Dessus-du-Bois (altitude 208m) ; celle située entre Acoz et Lausprelle avait moins de mal (altitude 183m) ;
  • le château d’eau construit par l’équipe Grandjean à la sortie de Lausprelle se situait à 216m d’altitude ;
  • le réservoir enterré du Dessus-du-Bois a été dégagé par les premiers propriétaires de la « villa au toit de chaume ». L’actuelle propriétaire, Michèle EVRARD-SIBILLE, m’a gentiment fait visiter les lieux. Cette dernière ignorait la vraie raison de ce réservoir. La famille l’appelait « le bunker » ;
  • C’est en 1973 que fut construit le nouveau château d’eau à la sortie de Lausprelle, en remplacement de l’ancien en béton, fissuré et cerclé qui ne contenait que 10m3. Le nouveau, en métal et calorifugé avait une contenance de 60 m3. Il a coûté 64.458 francs + 2.000 francs pour l’enlèvement des débris de l’ancien.

 

LES POMPES A PISTON

La commune d’Acoz avait lancé des demandes de prix à plusieurs fabriques. Le choix des groupes hydrophores s’est porté sur les pompes HERMES (voir plus de détails dans les documents en fin d’article).

 

 

ANECDOTES

En 1976, la société de jeu de balle pelote « Les Coquis » avait organisé la fête communale au mois de juillet. Elle avait implanté un chapiteau sur le terrain où l’on a construit le bâtiment « Belgacom », rue de Moncheret. Lors du montage de ce chapiteau, on plaçait des tendeurs qui étaient fixés au sol à l’aide de grands piquets métalliques. Un, deux, trois coups de marteau et voici qu’un énorme geiser sortit du sol… on avait touché la grosse conduite en éternit qui, il faut le reconnaître, n’était pas enfouie profondément. Je vous passe la réaction de Joseph ELOY, l’échevin des travaux de l’époque !

 

LES PUITS PRIVES

Suite aux déclarations d’Achille, je me suis retrouvé 60 ans en arrière avec ces souvenirs :

  • Les fermes acoziennes étaient en effet pourvues d’un puits : chez André et Georgette TENRET-BERGER (actuellement la propriété des frères Roger et Eric CHIF), chez Frédéric et Gérard WERTZ (à la rue des Ecoles). A ce propos, Gérard me précise que le puits avait une profondeur de 22 mètres ; il se trouvait sur le côté de l’habitation (dans la ruelle conduisant à l’école libre) et une grande pompe en fonte, munie d’un grand bras, permettait d’alimenter les cuves qui servaient aux abreuvoirs. C’était Ernest POULEUR, dit « MONDΠ» qui était chargé de cette besogne. (voir ce blog : 13. PORTRAIT, page 3 - ERNEST POULEUR, dit MONDÎ, page 3).
  • En 1976, lorsque j’ai acheté ma maison (rue de Moncheret 24), Joseph FRANCQ, père de Jean, André et Marc, me signalait qu’un puits existait sous la cuisine. J’avais entrepris des travaux d’égouttage et je n’avais rien remarqué… jusqu’au jour où j’ai abattu le mur pour l’entrée de mon garage et là, au niveau du sol, ma crampe a rencontré une cavité… c’est ainsi que j’ai découvert le puits, fabriqué en briques et d’une profondeur de 4 à 5 mètres. J’ai remis en état l’intérieur et j’y puise toujours l’eau des sanitaires. Mais pourquoi un puits chez moi ? Tout simplement parce qu’au 18e siècle, une ferme occupait toute la rangée des maisons. Joseph FRANCQ m’avait aussi appris qu’une pompe à bras était fixée à la façade et qu’un grand bac en pierre était posé sur le trottoir. Et qu’est devenu ce bac ? Voici la réponse ! Joseph VANDENBOSCH, juste après la seconde guerre mondiale, avait racheté un camion GMC à l’armée américaine. Lors d’une descente derrière l’église (actuellement rue du Centre), les freins de l’énorme camion ont lâché et ce dernier est venu terminer sa course folle contre ce bac en pierre. C’était pour la petite histoire.

 

Alain GUILLAUME, avril 2017.

 

Station pompage Acoz.jpgInterieur station de pompage web.jpgPUITS ACOZ web.jpgRéservoir Dessus-du-Bois web.jpgRéservoir interieur web.jpgbatiment pompe Lausprelle web.jpgEMPLAC CHATEAU EAU LAUSPRELLE web.jpgRue St-Martin web.jpgPuits place de l'église web.jpgPOMPE DESSUS DU BOIS web.jpgPUITS DESSUS DU BOIS web.jpgPOMPE RUE DES ECOLES web.jpgCHAPELLE LAUSPRELLE web.jpgPompe rue de Villers web.jpgEcole communale 1870-1875 web.jpgANALYSE EAU 1890 1 WEB.jpgANALYSE EAU 1890 2 WEB.jpgANALYSE 1901 WEB.jpgDEVIS 1910 WEB.jpgCONDITIONS GENERALES RECHERCHES 1925 web.jpgLETTRE HYDROLOGIE 1925 WEB.jpgLETTRE DE DORLODOT 1924 WEB.jpgFACTURE SEAUX PUITS 1930 WEB.jpgFACTURE LIEN 1939 WEB.jpgHERMES 24.9.38 1 web.jpgHERMES 24.9.38 2 web.jpgHERMES 26.9.38 1 web.jpgHERMES 26.9.38 2 web.jpgRECU RACCORDEMENT 1939 web.jpgSTORK 18.8.38 1 web.jpgSTORK 18.8.38 2 web.jpgSTORK 1938 1 web.jpgSTORK 1938 2 web.jpgTract éléctoral 1946 DE DORLODOT web.jpgTract électoral 1946 suite web.jpgRECUS 1950 web.jpgRECUS 1951 1955 web.jpgREGLEMENT 1954 1 web.jpgREGLEMENT 1954 2 web.jpgREGLEMENT RECETTES 1954 1 web.jpgREGLEMENT RECETTES 1954 2 web.jpgPOMPE GERARD WERTZ web.jpg

 

 

 

18:30 Écrit par Alain GUILLAUME dans 05. Acoz Histoire & Patrimoine | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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