26/10/2017

L'ABBE ALBERT DOUBLET

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Le 25 février 1954, l’Abbé François FLEURQUIN quittait la paroisse Saint-Martin d’Acoz après 31 ans de sacerdoce. Son successeur, l’Abbé Albert DOUBLET, vicaire à Monceau-sur Sambre, fut accueilli dans sa nouvelle paroisse le 1er août 1954.

A cette occasion, en cortège, il alla fleurir le monument aux morts, avant de faire son entrée officielle dans l’église Saint-Martin. Ensuite, une réception fut organisée au couvent où il eut l’occasion de faire la connaissance des curés des paroisses avoisinantes.

Monsieur le curé DOUBLET avait un caractère bien trempé. Et personne ne pouvait contredire ses projets :

  • Dès son arrivée, Il envisagea la construction d’une salle des fêtes à l’école des sœurs et ce coup financier fut pris en charge en partie par les paroissiens : tous les premiers dimanches du mois, la collectes des deux messes dominicales étaient destinées au remboursement du prêt. Les bénéfices des nombreuses « soirées » ou « cabarets artistiques » ont aussi contribué à honorer les traites.
  • En 1955, il acheta et fit placer des nouveaux fonts baptismaux en marbre, réalisés par la société MARMOR de Gougnies, ainsi qu’une vasque avec couvercle en cuivre venant de l’abbaye de Maredsous.
  • Toujours en 1955, il commanda à la firme C. BRASSEUR de Mons, un système d’électrification et d’automatisation des cloches.
  • En 1958, ce fut la construction d’une chapelle en face de l’église, à l’emplacement d’une habitation incendiée en 1914 et restée en état de ruine. Elle fut construite par la société René DUPUIS d’Acoz. Elle abrita une statue représentant la vierge que l’on appelait « Notre-Dame de Chez Nous ».
  • 1959 allait connaître du remue-ménage dans la paroisse lorsqu’il décida de se défaire de toutes les chaises dites « familiales » en les remplaçant par 110 chaises « standard ». Cela provoqua bien des péripéties entre plusieurs familles acoziennes !
  • Toujours en 1959, il fit installer un nouveau chauffage à accumulation électrique. On se souviendra du « bouquant » lors des offices quand les convecteurs propulsaient l’air chauffé.

Pendant toutes ces années, il prit à cœur de s’occuper de la jeunesse en organisant des rencontres au patronage de Joncret, les dimanches après-midi. Dans les années 1965-1970, les adolescents furent accueillis tous les samedis soirs au club de jeunes au presbytère de Chamborgneau... et c’est là que 4 couples se sont connus pour en arriver au mariage : Maryse GUILLAUME et Freddy DUPANLOUP, Jean-Paul BRACKMANN et Dominique VANDENBROECK, Catherine DEMEY et Roger PIRMEZ et… Nadine BERTRAND et Alain GUILLAUME. Quelques années plus tard, un nouveau club de jeunes vit le jour dans le préau de l’école du couvent. Des activités diverses furent organisées et connurent de francs succès.

Dans son église, l’Abbé DOUBLET régnait en maître ! Que de fois il stoppa son office pour y aller d’une belle engueulade destinée aux bavards. Et les retardataires n’étaient pas oubliés, ils étaient fusillés du regard ! Mais le contraste était frappant lorsqu’il quittait le lieu saint… ses parties de cartes au « Café Lien » et les petites bières transformaient notre homme. Plus d’une fois, Martha DEWACHTER, sa gouvernante, venait lui rappeler que le dîner était prêt !

Il avait pris exemple de Marcel BERNY, notre garde-champêtre, quand c’était le moment de décompresser…

Lors des festivités locales, il retrouvait « son ennemi de cœur », à savoir le bourgmestre socialiste Fernand POULEUR. On vivait en ces moments, de nouveaux épisodes dignes des comédies « Don Camillo et Peppone » ! Les provocations verbales… autour d’une bonne table, ça ils aimaient. On se souviendra que dans son bureau, au presbytère, étaient accrochés deux cadres avec les photos des deux bourgmestres acoziens qu’il avait connus, à savoir Fernand POULEUR et Michel GRANDJEAN.

En février 1975, il quitta notre paroisse pour séjourner comme aumônier à l’hôpital de Jumet.

Le 23 mars 1991, il s’éteignit à la clique Saint-Joseph de Gilly. Il repose au cimetière de Jumet, dans la communauté des religieuses.

 

Anecdotes

Mon frère Jules GUILLAUME accomplissait son service militaire en Allemagne en 1958. Lors d’une permission, il allait connaître des ennuis à la frontière, pris avec une quantité importante de paquets de cigarettes. Mais le douanier remarqua qu’il habitait Acoz. Ce dernier avait fait sa jeunesse à Welkenraed avec le futur Abbé DOUBLET. Mon frère s’en sortit indemne étant confronté à un fameux dilemme : brûler un cierge en l’église d’Acoz ou… offrir un bon verre à notre curé !

 

En 1962 apparaissait la tenue de clergyman toutefois l’Abbé DOUBLET n’a jamais quitté sa soutane (certaines mauvaises langues commentaient son choix en prétendant qu’il avait les jambes arquées).

 

En 1963, c’était l’année de ma profession de foi. Les préparatifs familiaux allaient bon train jusqu’au samedi précédant l’évènement : mon père Georges était retrouvé inanimé, victime d’un infarctus. Vu la gravité de son état, il fut soigné chez nous, assisté d’une aide respiratoire, sa vie était engagée. Ce fut une période très stressante pour tous les membres de ma famille. Inutile de vous décrire les moments tristes de ce jour qui devait être un jour de fête. Le dimanche suivant, les confirmations avaient lieu en l’église Saint-Nicolas de Joncret. Me voilà donc parti, à pieds, seul… Dans les campagnes entre les deux villages, mes copains et copines d’Acoz, accompagnés de leurs parents, sont passés… personne ne s’est arrêté…. Après la célébration, l’Abbé DOUBLET est venu vers moi et m’invita à monter sur sa « Vespa » verte. Quel bonheur ! Me voilà ceinturant notre bon curé me ramenant chez moi !

 

Alain GUILLAUME – Octobre 2017.

 

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18:33 Écrit par Alain GUILLAUME dans 13. Acoz Portraits | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

me rappelle encore quand il venait nous dire bonjour et nous donner des bonbons à l'école d'Acoz en gardienne et début de mes primaires.

Écrit par : Christian Collin | 05/11/2017

Je me souviens lors de mes études primaires à l'école communale des garçons, il venait nous donner cours de religion tous les jours de 15 heures 45 à 16 heures.

Écrit par : Alain GUILLAUME | 05/11/2017

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